Collectif Soutenons Le Mur

Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

Voici une synthèse écrite de l’interview donnée par Sophie Robert à Anne Voileau sur VivreFM le 06/11/2011.

Cette interview avait déjà fait l’objet d’un billet dans la revue de presse.

Vous pouvez télécharger la version papier de cette synthèse ici.

Synthèse de l’interview de Sophie Robert par Anne Voileau du 6/11/2011 sur Vivre FM

Par David Heurtevent, M.A. Georgetown, david@soutenonslemur.org

Date : 17-12-2011

Contenu :

Sophie Robert, scénariste, réalisatrice et documentariste, auteure du film « Le Mur » sur la psychanalyse face à l’autisme était l’invitée d’Anne Voileau sur la radio associative « Vivre FM » le 06/11/2011.

Cette longue interview a donné l’occasion à Sophie Robert de détailler son parcours, son investigation de la psychanalyse et les problèmes de la psychanalyse.

Ce document est une synthèse de l’interview. Il en retrace les grandes lignes, mais n’est pas une retranscription intégrale ou fidèle de l’interview. Le document sonore, sous copyright Vivre FM, est disponible sur leur site : http://www.vivrefm.com/podcast/2011-12/NOVEMBRE/061111/SMT.mp3

Notes :

  • Cette synthèse est libre de droit à condition d’en citer la source et l’origine,

 

Synthèse de l’interview

 

1.      Intérêt de Sophie Robert pour la psychanalyse

Entre 15 et 17 ans, Sophie Robert envisageait de devenir psychanalyste et a lu de nombreux ouvrages. Cependant, il y avait « une étrangeté qui ne me convenait pas … beaucoup de contradictions … un processus intellectuel creux … des postulats erronés ».

Sa série de documentaires a été l’occasion de renouer avec cet intérêt de jeunesse et de travailler comme une « anthropologue » sur « la mythologie de la psychanalyse ».

 

2.      De la position de la psychanalyse en France

Sophie Robert voit un « gouffre » entre l’image « naïve »de la psychanalyse dans le grand public et sa réalité. Du fait de son hégémonie, la psychanalyse serait victime de ses dogmes et d’une « logique d’enfermement ». Elle accuse notamment les médias d’avoir une posture vis-à-vis de la psychanalyse. « On est toujours dans la mythologie de la psychanalyse », affirme t’elle.

Elle explique alors en détail les courants français traversant la psychanalyse. « La psychanalyse française, c’est Jacques Lacan » dit-t-elle et son apport est très significatif, car c’est lui qui a « théorisé la toxicité maternelle ».

Même si elle distingue Freudiens et Lacaniens, elle observe que le schéma anthropologique des psychanalystes orthodoxes est le même et a été formalisé et rigidifié par Jacques Lacan.


 3.      Des conditions de réalisation et des pressions entre psychanalystes

Concernant les conditions de réalisation de son documentaire, elle indique avoir rencontré 48 personnes pour le repérage et filmé 27 d’entre elles. Seules 11 apparaissent dans « Le Mur », qui est le premier opus de sa série. D’après elle, le film devait « être plus nuancé au départ », mais les non-orthodoxes n’auraient soit pas voulu parler face caméra, soit ils auraient tenu un autre discours face caméra selon lequel « tout va très bien » dans la psychanalyse, alors même qu’en privé ils auraient indiqués des tensions. Sophie Robert l’explique par des « mécanismes d’exclusion puissants » et des pressions. « Leur intolérance à la différence est phénoménale»  résume t’elle et « il n’y a pas de continuum de progressivité ». Elle illustre son propos notamment avec la question du traitement de l’homosexualité par les psychanalystes.

 

4.      Du dogme et de la dépendance au divan

Sophie Robert voit dans le dogme et la « dépendance au divan » un « mécanisme puissant entre analyste et patient ». Il s’agirait bien d’un dogme puisque qu’ « il n’y a pas de corpus objectivable » et parce qu’ « il s’apprend comme un dogme déconnecté du réel ». De plus, la « transmission implacable sur le divan » serait partie d’un « mécanisme transférentiel ». Sophie Robert y voit dès lors une contradiction entre d’un coté des analystes qui disent faire du cas par cas et d’autre part « un schéma anthropologique incohérent », voir « indépassable ».

 

5.      De la faute maternelle

 

Sophie Robert et Anne Voileau débattent de la place de la femme dans la psychanalyse et du problème de la « faute maternelle », l’idée selon laquelle l’enfant naîtrait psychotique à cause de sa mère. Elles s’accordent à dire que cela constitue un des invariants de la psychanalyse.

Anne Voileau évoque la réaction des 80 mamans dans la salle lors de la projection, qui disent toutes avoir vécu cette culpabilisation au moins une fois.

Pour Sophie Robert, les psychanalystes, quelque soit leur courant d’apparence, utilisent au fond tous la même « caisse à outils théorique », les « même doctrines » et le « même schéma anthropologique appliqué à toutes les pathologies ». Elle en conclue donc qu’avoir 11 psychanalystes interrogés dans le film était suffisant pour être représentatif du système.

 

6.      Du mécanisme sectaire

Anne Voileau voit chez Jacques Lacan « une jouissance de la manipulation » et « une grande idée de rendre dépendant et de fasciner du fait de sa grande intelligence ».

Sophie Robert est d’accord. Cela conduit à une « mécanique sectaire ». Elle qualifie l’ « usage abusif de références » chez Lacan et Freud d’ « imposture », de « bêtise profonde » et de « poudre aux yeux ». Le « corpus psychanalytique, en lui-même, est fondamentalement contradictoire », juge-t-elle.

Dès lors, la psychanalyse devient « une bulle intouchable » et « certains psychanalystes ont des comportements très déviants ». Le « mécanisme d’influence » entre l’analyste et le patient serait particulièrement toxique. D’une part, un analyste devient automatiquement dépendant d’un autre analyste puisqu’il doit passer sur le divan au minimum 15 ans. D’autre part, les « concepts contradictoires en eux-mêmes » sont « rangeables nulle part » dans le cerveau et conduisent à une « forme d’autohypnose ».

Le risque majeur serait alors celui de la création de faux souvenirs, un problème reconnu par l’ensemble des psychanalystes et que certains analystes revendiqueraient, affirme-t-elle.

 

7.      De l’effet de sidération du film

Anne Voileau indique que sa première surprise en voyant le film a été de voir des « postures aussi caricaturales ». « On aurait pensé que [Sophie Robert] aviez embauché des acteurs, dit-elle. « On était un peu sidéré dans nos fauteuils ».

Sophie Robert explique juge positif que les mères aient « le soulagement d’être entendues ». Elle souhaite également que le film « provoque des réactions salutaires chez les psychanalystes ». Elle indique par exemple que Geneviève Loison, la « dame au crocodile », lui a envoyé plusieurs courriers dans lesquels elle dit que « le film reflète ce que l’on [les psychanalystes] pense ».

Sophie Robert affirme que le pouvoir de la psychanalyse réside pour beaucoup dans l’ignorance et que c’est cela qui dérange. « Un psychanalyste ne devrait pas avoir peur de la vérité ».

Elle explique la possibilité de réaliser ces interviews par le fait qu’elle parle le même langage qu’eux et a souhaité sortir d’une « période de confusion » et lancé un « appel à la sincérité ».

 

8.      De la nécessité de changer les pratiques thérapeutiques

Sophie Robert invite le secteur paramédical à prendre du recul vis-à-vis de la psychanalyse. Selon elle, il y a un « vrai problème » dans l’utilisation de la psychanalyse dans le domaine médical dans les hôpitaux pour répondre à la demande sociale de soin.

Selon ses propos, si chacun, bien portant, a le choix d’aller faire une analyse, voir d’entrer dans une secte, il y a un problème quand l’analyse s’adresse à des personnes en situation de fragilité.

« Ne rien faire, c’est de la maltraitance », s’exclame-t-elle.

Anne Voileau fait alors observer que les psychanalystes n’ont pas d’obligation de résultat.

Sophie Robert rétorque que les psychanalystes, et particulièrement les médecins psychiatres, « ne sont pas au dessus des lois ».

David Heurtevent On décembre - 17 - 2011

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