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Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

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La radio associative Vivre FM a invité le 11 janvier 2012 Valérie Létard, Sénatrice du Nord, rédactrice d’un rapport sur l’Autisme et Daniel Fasquelle, Député du Pas-de-Calais, Président du Groupe d’Etudes sur l’Autisme à l’Assemblée Nationale.

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Commentaires

Nous saluons le courage politique de Valérie Létard et de Daniel Fasquelle lorsqu’ils excluent la prise en charge psychanalytique de la définition de l’autisme. Nous partageons avec Daniel Fasquelle son refus des prises en charges moyenâgeuses comme le packing. Cependant, la possibilité d’avancer, de former les générations futures et de faire de la recherche passera par un processus de dé-psychanalisation de l’autisme en France.

Résumé de l’émission

Le Groupe d’Etudes Parlementaires sur l’Autisme

Daniel Fasquelle rappelle que le Groupe d’Etudes Parlementaires sur l’Autisme est né en juillet 2011 qui s’est détaché du groupe « handicap » car il s’agit d’ « un sujet tellement important, tellement considérable ». Le groupe compte désormais 150 députés, toutes tendances confondues.

La Grande Cause Nationale 2012

Daniel Fasquelle y voit « une main tendue vers les associations et les parents », « un bon moyen de changer le regard des français sur l’autisme » et « un moyen de faire le bilan sur les mesures prises depuis une dizaine d’année et surtout sur le chemin considérable qui reste à parcourir ».

Le Bilan «contrasté » du Plan Autisme 2008-2011

Valérie Létard qualifie le bilan de « contrasté » : « Dans la réalité, tout n’a pas avancé comme il se devait ». Elle évoque un « problème culturel » débouchant sur une difficulté à faire converger les professionnels sur une définition commune de l’autisme.

Si selon elle le gouvernement a bien débloqué les moyens prévus et autorisé 4100 places, « encore faut-il avoir le personnel formé aux nouvelles prises en charges, aux méthodes éducatives (ABA, TEACCH). Cependant, elle estime ainsi qu’il n’y a pas eu assez de places crées, que le délai diagnostique est de 1 ans et que le délai pour trouver une place en établissement est de deux ans.

Elle estime cependant que « on a une définition de l’autisme qui correspond à ce que tout le monde attendait, à ce que toutes les associations attendent ».

Daniel Fasquelle explique que pour être efficace, il faut faire du sur mesure pour chaque enfant et qu’il n’y a pas assez d’établissements spécialisés en France (22 centres prenant en charge 700 enfants contre 8 000 naissances par an). Il estime donc qu’il existe un « décalage entre la réponse et le problème ». Il juge également « très insuffisants » les progrès pour l’intégration en milieu scolaire depuis la loi de 2005 et « nécessaire » la continuité du suivi entre le temps scolaire et périscolaire.

La controverse autour du film le Mur – Vers une fin de la psychanalyse dans l’autisme en France ?

Daniel Fasquelle répond « pourquoi pas » à la question de savoir si les pouvoirs publics doivent se mêler de la controverse entre tenant de la psychanalyse et du comportementalisme. Il rappelle qu’ « il est très important de bien poser le diagnostique » et insiste que les théories psychanalytiques constituent une « double peine » pour la mère. Il juge « tout à fait inadmissible que ces théories soient financées par l’argent public ».

Valérie Létard estime qu’il reste beaucoup à faire. Elle fait le constat alarmant que « la psychanalyse est encore un mode d’accompagnement et de prise en charge qui existe encore largement sur notre territoire alors que la définition retenue nous fait sortir de cette approche psychanalytique ».

La priorité doit selon elle être donnée à la formation : « Il faut avoir derrière la formation de tous les professionnels à ces nouvelles préconisations, ces nouvelles recommandations, à ces nouvelles définitions pour que demain soit appliqué par tous les professionnels les recommandations de la Haute Autorité de Santé ».

Elle rappelle que la définition exclue la psychanalyse mais qu’un accompagnement psychologique et psychiatrique peut être parfois nécessaire en parallèle de méthodes éducatives comme l’ABA ou TEACCH.
« La psychanalyse n’est effectivement pas adaptée. Il suffit de regarder la définition pour comprendre qu’on a pas à faire à une psychose ».

Condamnation du Packing par Daniel Fasquelle

Daniel Fasquelle s’avoue « carrément hostile à cette méthode ». « Je pense qu’il faut sortir de la préhistoire ou du moyen âge dans lequel on est enfermé s’agissant de la prise en charge des enfants autistes. On sait très bien que ces méthodes ne fonctionnent pas. Elle n’ont jamais été réellement évaluées […] Il y a d’autres méthodes beaucoup moins violentes et qui sont efficaces et qu’il faut à tout pris répandre en France ».

Les budgets

Daniel Fasquelle estime que la question de l’autisme est financière. Il salue l’initiative du président de l’Assemblée Nationale de saisir le Conseil Economique et Sociale pour faire un bilan financier de l’autisme en France. Il s’émeut de la situation concernant le dépistage et les internements dans les hôpitaux psychiatriques : « Mettons le paquet au début de la vie et nous ferons de ces enfants des adultes autonomes et responsables plutôt que de les enfermer ».

La place des adultes

Valérié Létard reconnait que le domaine des adultes est « là où le chemin le plus important est à faire ». Selon elle, le dépistage précoce est essentiel et passe par la formation de tous les professionnels. Elle fait remarquer que l’ « on ne dispose pas d’enquête épidémiologique qui nous dit combien d’adultes en hôpital psychiatrique souffrent d’autisme ».

Daniel Fasquelle rappelle que l’on ne dispose d’une définition de l’autisme que depuis février 2010 et que l’ « on a très peu de recul ». Pour lui le drame des familles est que « la plupart des adultes restent chez eux et ce sont les familles qui doivent supporter le poids de la présence à domicile d’un adulte autiste que la société ne sait pas prendre en charge dans de bonnes conditions ».

Les familles se sentent abandonnées

Daniel Fasquelle rappelle que « les familles sont aujourd’hui, pour beaucoup d’entre elles, abandonnées ou se sentent abandonnées ». Il pense que « la Grande Cause permettra justement de leur tendre la main ». Il observe la différence de chance et de prise en charge suivant le niveau de revenu des familles et leur accès à l’information et déclare : « Il y a une rupture d’égalité qui me choque profondément ».

Situation dans les MDPH

Valérié Létard rappelle que l’autisme est déjà victime des retards de dossiers valables pour tous les handicaps, mais aussi d’une mauvaise connaissance de l’accompagnement des personnes avec autisme. Elle estime que la formation des intervenants est nécessaire.
Il s’agit selon elle de sensibiliser toute la population. « Sensibiliser, informer, former » résume-t’elle.

Panne de la recherche et de la formation

Les deux interviewés observent que la recherche sur l’autisme est en panne. Ils sont d’accord sur le fait qu’il n’y a pratiquement pas de formation dans les universités et qu’il est nécessaire de créer des formations.

Pour Daniel Fasquelle : « dans le domaine de la recherche, c’est le désert ».

Conclusion

Pour Valérie Létard, la question de l’autisme s’intègre bien sûr dans une politique globale du handicap et mérite une priorité en raison du retard accumulé et de la complexité du sujet. Elle constate « la détresse des familles partout ».

Pour Daniel Fasquelle, « il a besoin de changer le regard des français sur le handicap de façon plus générale ».

admin On janvier - 11 - 2012
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