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Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

Laure Mentzel signe dans le supplément magazine du quotidien Le Monde du 13/01/2012 un long article (2400 mots) sur la controverse autour des prises en charge psychanalytiques dans l’autisme en France.

Cet article est le seul, publié à l’occasion des premières rencontres parlementaires sur l’autisme et la sortie du rapport de Valérie Létard, qui traite le fond du dossier. C’est également le seul article à donner la parole aux protagonistes du film « Le Mur ou la Psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » de Sophie Robert.

L’article écrit : « L’autisme a beau être la grande cause nationale de 2012, les familles qui y sont confrontées restent démunies. Car, en France, les psychanalystes s’opposent aux méthodes comportementalistes ayant pourtant fait leurs preuves à l’étranger. Une position rétrograde dénoncée par Sophie Robert dans un documentaire, « Le Mur », dont la diffusion est suspendue à la décision d’un tribunal, le 26 janvier. »

L’article commence par une présentation du film et du débat : « A en croire le documentaire Le Mur de Sophie Robert dont est extraite cette scène, les psychiatres français seraient dépendants des théories psychanalytiques, considérées partout ailleurs comme obsolètes pour le traitement de l’autisme ». Cependant, Laure Mentzel estime que « le film glace et agace ». Elle reconnait néanmoins l’importance du film qui « Qu’il soit alors interdit ou non, le film aura eu le mérite de poser la question des prises en charge « à la française » alors que l’autisme a obtenu en décembre dernier le statut de grande cause nationale 2012 [...]« .

Elle note ainsi qu’ »en France, certains membres du corps médical voient encore dans la mauvaise relation maternelle la cause des troubles autistiques » et que « dans [les] centres de quartier, la formation sur les troubles du développement n’est pas toujours pointue. Le personnel, encore très imprégné des théories psychanalytiques, les applique à la lettre, entravant alors les progrès des enfants autistes. »

A l’opposé, elle prend l’exemple du « petit institut médico-éducatif L’Eclair » à Bussy Saint-Georges (Seine-et-Marne). Elle constate : « ces méthodes fonctionnent : au royaume-uni où elles sont appliquées, les trois quarts des enfants autistes sont intégrés en milieu scolaire, contre environ un quart en France ».

Elle donne alors la parole aux psychiatres qui essaient de se défausser. « Le Psychiatre Moïse Assouline insiste: le hiatus ne se situe pas entre psychanalystes et comportementalistes, mais entre les tenants d’une prise en charge intensive et les autres ».

A le croire les psychanalystes accepteraient de travailler ou d’incorporer les méthodes comportementales.
Cet argument est risible quand on sait qu’il n’existe qu’un seul master spécialisé en France et un très petit nombre de structures ou d’intervenants formés.

L’article vire malheureusement dans le pathos consensuel lorsque Laure Mentzel écrit : « Ils sont tous dans le même camp : celui des « jeunes ». Psychanalystes, comportementalistes, qu’importe l’étiquette pourvu qu’il y ait du mieux ».

Bernard Golse envoie la balle dans le camp de l’Etat et se défend avec un « aucun trouble relationnel mère-enfant ne peut expliquer l’autisme ». Donc acte ! Malheureusement, ni « Le Mur », ni la vidéo diffusée sur Rutube ne semble donner le moindre crédit à ses propos.

Au mieux, le « solidaire des parents » sonne comme une énième tentative de manipuler les parents et de conserver la situation actuelle. Malheureusement, Jacques Baert, Président du Centre Ressource Autisme Ile-de -France tombe dans ce piège en trouvant cette guerre dangereuse pour les autistes. Il se fait également l’avocat de la différence et non de l’intégration. Ses propos reviennent malheureusement implicitement à soutenir la ségrégation et la discrimination persistante.

A la lecture de cet article on peut légitimement se poser deux questions :

  • Le but du déplacement du conflit vers l’intervention intensive et l’Etat n’est-il pas de dégager la psychanalyse et de permettre le développement de la neuropsychanalyse ?
  • En quoi travailler ensemble garantit le progrès si y a un consensus mou et non un débat sur des bases scientifiques que les psychanalystes refusent ?

Bref, certains parents risquent, à vouloir marier la carpe et le lapin, de faire le jeu du système actuel et d’aboutir à encore 30 ans de perdu pour leurs enfants.

Voir l’article du Monde en intégralité

admin On janvier - 13 - 2012

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