Collectif Soutenons Le Mur

Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

Print Friendly, PDF & Email

France Culture est décidément la chaîne de radio la plus pro-psychanalyste de France.

Pour inaugurer la Grande Cause Nationale et la remise du rapport de Valérie Létard, l’émission « Du Grain à Moudre » de Hervé Gardette avait décidé d’aborder la question de l’autisme avec la question « Comment soigner l’autisme ? ». Cette question place d’emblée l’autisme dans l’horizon du soin, d’une guérison ou au moins d’une rémission possible, et non de l’éducation et de l’acceptation de cette différence.

Le choix en lui-même des invités était loin d’être innocent. Étaient invités :

  • Dorota Chadzynski,psychomotricienne, formatrice à La Pitié Salpétrière (Paris) et formatrice à Lille à la méthode Bullinger (chez les rois du packing), et se disant formée à la psychanalyse
  • Chantal Lheureux-Davidse, psychologue clinicienne en IME, psychanalyste, maître de conférence à Paris VII et auteur d’un livre sur l’ « autisme infantile » (sic!)
  • Marcel Hérault, Président de Sésame Autisme, association gestionnaire de centre

Le panel est biaisé sur deux plans :

  • Il n’y a que des partisans de l’institutionnalisation des enfants, et absence de partisans de la scolarisation,
  • Il y a deux psychanalystes face au partisan associatif le plus tiède sur la question.
  • Comment ne pas parler de biais dans ces conditions et de subversion de l’opinion ?

    L’introduction de Hervé Gardette donne d’ailleurs le ton : « Il est vrai que la querelle entre tenant d’un approche psychanalytique d’une part et d’une approche comportementaliste d’autre part. Cette querelle aura certainement été longtemps un frein à une approche plus raisonnée et donc plus efficace de ce handicap ».

    Amis de la scolarisation, de l’intégration, des méthodes comportementales et éducatives, passez votre chemin, cette émission n’est pas pour vous.

    A la place, Chantal Lheureux-Davidse essaie de convaincre que « le futur pour les soins aux enfants autistes serait du coté d’une approche pluri-disciplinaire, interdisciplinaire ou l’on pourrait se sentir complémentaires dans nos approches respectives ». Dorota Chadzynski dit que « la diversité de perspectives nous tient à coeur ».

    Heureusement, Marcel Hérault précise que si interdisciplinarité il y a, elle n’inclue pas la psychanalyse. Selon lui, le triptyque doit être « éducation, soin, socialisation ». Cependant, le coté conciliant de Marcel Hérault ressort facilement : « Les associations n’ont pas toujours été très unies, c’est vrai ». « On a essayé de mettre nos différences de coté, pour voir les points sur lesquels ». Heureusement, questionné de nouveau sur la psychanalyse, il confirme ses propos tenus le 04 janvier 2012 sur France Inter, à savoir que « leur association ne voit pas l’utilité de la psychanalyse pour la prise en charge de personnes avec autisme ». Pour autant, il critique ouvertement les associations qui luttent contre la psychanalyse, même s’il dit ne pas d’accord avec la grille de lecture psychanalytique.

    Chantal Lheureux-Davidse essaie de ringardiser une partie de la psychanalyse en opposant deux courants: un vieux courant culpabilisant et un courant « récent » focalisé sur la sensorialité. Selon elle, la psychanalyse apporte une observation très fine des symptômes, de la tonicité dans le corps, de l’occupation de l’espace, de la relation, « désorganisation » et « rassemblement » de l’enfant. Il s’agirait de « donner du sens au comportement de l’enfant » et de le « décharger d’auto-maintien musculaire ». Tout cela ne vient que justifier très concrètement des approches comme la packing. Fuyons !

    Hervé Gardette cherche à poser la question de l’autisme en matière de guérison. Heureusement, Marcel Hérault, rappelle que « on n’est pas dans le domaine médical » et si on peut faire des progrès et qu’il y a une grande possibilité d’évolution, on ne peut pas parler de « rémission ».

    Plus tard, les intervenant s’opposent autour des techniques d’échange (PECS) et de communication. Marcel Hérault explique qu’il ne faut plus parler de « communication facilité ». Il s’oppose malheureusement implicitement à l’ABA en soutenant qu’il faut apprendre à comprendre l’autiste et l’aider à vivre avec et non pas forcément chercher à le transformer. A cela, les psychanalystes vous parlent de respect de la distance et du rythme.

    Non initiés s’abstenir !

    Réécouter le podcast de France Culture
    Voir l’article de l’émission

admin On janvier - 14 - 2012
  • RSS
  • Delicious
  • Digg
  • Facebook
  • Twitter
  • Linkedin
  • Youtube

Officiel : Fin de partie po

  Suite à la décision de justice du 26 janvier 2012, ...

Sciences et Avenir : "Autis

Sciences et Avenir consacre un dossier de 6 pages dans ...

La campagne Grande Cause Na

La campagne grand publie de l' "Autisme Grande Cause Nationale ...

Sénat : Evaluation de l'im

Le Sénat a publié il y a quelques jours la ...

Franck Ramus (CNRS) pose de

Franck Ramus est directeur de recherches au CNRS, au Laboratoire ...