Collectif Soutenons Le Mur

Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

Daniel Fasquelle, député UMP du Nord, très impliqué dans l’autisme*, a décidé d’aller plus loin dans son combat personnel pour améliorer la prise en charge des personnes avec autisme en France.

Il a déposé le 20 janvier 2012, sur le bureau de l’Assemblée Nationale, une proposition de loi « visant à interdire l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales ». Cette proposition de loi est symbolique, l’Assemblée fermant dans quelques semaines pour les élections présidentielles et législatives. Elle intervient quelques jours avant le délibéré dans le procès du film « Le Mur » et après ses propos condamnant la psychanalyse et le packing sur VIVRE FM à l’occasion de la première journée parlementaire consacrée à l’autisme.

Malheureusement, l’UNAPEI, « la première association française représentant et défendant les intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles », a aussitôt exigé le retrait du texte.

L’inquiétude est grande :

D’une part, l’UNAPEI rejoint les positions des psychanalystes de la CIPPA en prônant « une approche pluridisciplinaire » et en ajoutant : »c’est aux familles qu’il revient de choisir le meilleur accompagnement pour leur enfant. » Malheureusement, tous les parents n’ont ni les moyens financiers ni l’accès à l’information pour faire des choix éclairés.

D’autre part, Christel Prado, Présidente de l’Unapei, est rapporteur au Conseil économique social et environnemental du projet d’avis sur « le coût économique et social de l’autisme en France ». Une telle position n’apparaît donc pas garantir un rapport équilibré

Nous appelons les autres parlementaires, notamment du groupe d’études parlementaires sur l’Autisme, à rejoindre l’initiative de Daniel Fasquelle.

*Daniel Fasquelle est président du groupe parlementaire sur l’autisme

Daniel Fasquelle explique son projet

« Le député UMP Daniel Fasquelle va déposer vendredi [20 janvier 2012] sur le bureau de l’Assemblée une proposition de loi visant à interdire l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales » (AFP repris par Europe 1).

Daniel Fasquelle explique : « Je m’indigne en constatant qu’en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l’Assurance Maladie [...] L’approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales. »

« Il convient avec urgence, dit-il, « de rompre avec la psychanalyse dans l’autisme tant en termes de lecture que de mode de prise en charge (incluant la technique du packing qui scandalise l’ensemble de la communauté scientifique internationale) » » (Psychomedia).

Demande de retrait par l’UNAPEI

Voici le communiqué de l’UNAPEI tel que publié par Mondial Infos :

« Communiqué de presse : L’Unapei s’oppose à la proposition de loi de M. Daniel Fasquelle visant à interdire l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes.

« Interdire une forme d’accompagnement ne sert à rien et est clivant. Concentrons nos énergies à développer de façon urgente les méthodes qui ont prouvé leur efficacité. Si l’autisme est la grande cause 2012, c’est pour développer la recherche et permettre de répondre au mieux aux besoins des personnes autistes le plus précocement possible. Les personnes autistes et leurs familles ont besoin de compétences multiples pour répondre à leur problématique. Par ailleurs, en tant que Rapporteur au Conseil économique social et environnemental du projet d’avis sur « le coût économique et social de l’autisme en France », il est tout à fait prématuré d’en tirer quelconques conclusions.» s’insurge Christel Prado, Présidente de l’Unapei.

La polémique créée autour du documentaire « Le mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » réalisé par Sophie Robert a fait émerger de réels questionnements sur l’approche psychanalytique du traitement de l’autisme. L’Unapei, association de parents d’enfants handicapés mentaux, est pour une approche pluridisciplinaire. C’est aux familles qu’il revient de choisir le meilleur accompagnement pour leur enfant.

L’Unapei demande au député M. Daniel Fasquelle de retirer sa proposition de loi.

L’Unapei , Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis a été créée en 1960. Ll’Unapei est la première association française représentant et défendant les intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles. Les associations affiliées à l’Unapei agissent pour répondre aux besoins et aux attentes des personnes handicapées mentales, favoriser leur insertion et leur permettre de vivre dignement avec et parmi les autres. L’Unapei est un mouvement national qui fédère près de 600 associations présentes au niveau local (Apei, Papillons Blancs, Chrysalide, Envol…), départemental (Adapei, Udapei, Association tutélaire) et régional (Urapei).

L’Unapei en chiffres :

  • 180 000 personnes handicapées accueillies
  • 60 000 familles adhérentes des associations affiliées
  • 3 000 établissements et services spécialisés
  • 75 000 professionnels employés dans les associations et les établissements »
  • Autres Sources
admin On janvier - 21 - 2012

10 Responses so far.

  1. Vincent DENNERY dit :

    Madame Prado, Présidente de l’UNAPEI,
    >
    > dans la même journée que le communiqué de M. le député Fasquelle relatif à sa proposition de loi pour faire interdire la psychanalyse comme thérapie dans le cas de l’autisme et des TED, votre organisation s’est promptement prononcée contre cette idée.
    >
    > De ma participation aux 1ères Journées Parlementaires de l’Autisme, je conserve le souvenir de votre silence en réponse aux voix quasi unanimes qui se sont élevées contre la triste exception française de l’emprise de la psychanalyse dans le suivi sanitaire et psychiatrique de l’autisme, et dans une fraction majoritaire du médico-social. Si vous étiez en désaccord avec ce consensus, c’est alors que vous auriez pu faire état de votre argumentation principale, celle du principe de libre choix. Je regrette que vous n’ayez pas saisi cette occasion.
    >
    > Comment peut on soutenir que la psychanalyse est un choix possible dans le cas d’un handicap ?
    >
    > Laisseriez-vous le choix à des parents d’enfants malentendants entre psychanalyse et appareillages et rééducation à la parole et à la lecture labiale ?
    >
    > Laisseriez-vous le choix à des parents d’enfants avec handicap physique entre psychanalyse et rééducation motrice ?
    >
    > Laisseriez-vous le choix à des parents d’enfants malvoyants entre psychanalyse et apprentissage de la lecture en Braille ?
    >
    > L’autisme est LEGALEMENT un handicap depuis 1996, Mme Prado, et un handicap privant l’enfant de toute capacité à communiquer, suppose une rééducation dans ce domaine, sinon c’est de la maltraitance et rien d’autre.
    >
    > Etes vous convaincue que les parents ont CONCRETEMENT le choix entre les offres d’accompagnement pour leur enfant ? Etes vous convaincue que la psychanalyse est une méthode de rééducation comparable aux approches éducatives cliniquement validées ? Etes vous convaincue que les familles qui n’ont pas accès à l’information donnée par les associations ou les professionnels spécialisés ont le choix entre plusieurs approches quand elles se rendent dans les structures de pédopsychiatrie ou que leur enfant est orienté sans autre alternative vers un IME piloté par les seules approches psychanalytiques ?
    >
    > Lors de l’émission sur le handicap mental de C. Hondelatte l’an dernier, sur France 2, vous aviez défendu, au nom de l’impératif éducatif, des parents d’un enfant autiste déstabilisés par le journaliste qui demandait si l’ABA n’était pas du « dressage », je vous avais applaudie. Ce soir, le bond en arrière que représente votre communiqué contre la proposition de loi Fasquelle m’afflige.
    >
    > Si la psychanalyse était interdite dans l’accompagnement des personnes atteintes d’autisme, une partie de vos établissements devrait revoir leur fonctionnement…et les compétences de leurs professionnels. Est ce cela qui effraie l’UNAPEI ?
    >
    > Ou voulez vous déjà nous faire accepter l’idée que les prochaines recommandations de la HAS en faveur des approches éducatives et comportementales, ne modifieront en rien les projets d’établissements UNAPEI ?
    >
    > Quand un consensus international et un consensus autour de la HAS, concluent à l’inutilité, voire au danger de la psychanalyse dans l’autisme, et qu’on est comme vous à la tête de la plus grande association handicap mental en France, ne doit-on pas faire face à ses responsabilités et engager, sans même que la loi ne s’en mêle, un plan de rénovation et de formation digne de ce nom ?
    >
    > Les parents qui souhaiteraient, comme vous le pensez, de la psychanalyse pour leur enfant handicapé peuvent la financer sur leurs propres deniers. Je serais très surpris que vous trouviez légitime que l’Etat finance des traitements qui n’ont fait la preuve d’aucune efficacité particulière. Jugeriez vous décent que les « champs bio-énergétiques » ou le « Feng Shui » soient remboursés par la Sécurité Sociale pour réduire les conséquences d’un handicap ?
    >
    > En dépit de tant d’efforts des associations, la France accuse un triste retard, et je ne vois que la loi pour contraindre à modifier des pratiques indignes et inutiles. C’est à loi de donner un cadre moral et éthique à la médecine. Elle le donne en matière de bioéthique, d’euthanasie, il est temps qu’elle se prononce dans le domaine de l’autisme, handicap trop longtemps otage d’une frange psychanalytique de la psychiatrie qui doit désormais accepter l’inéluctable.
    >
    > Avec mes respectueuses salutations,
    >
    > Vincent Dennery
    > Parent, et en son nom propre.

  2. h rouveyrollis dit :

    « On recevait des appels de parents qui se plaignaient tous des mêmes choses. Les parents aiment l’école, mais ils en dénoncent la gestion. On a commencé à s’inquiéter et on a demandé au ministère de l’Éducation d’intervenir. »
    Certains parents se sont fait demander d’aller consulter un spécialiste pour obtenir un diagnostic ou un traitement pour leur enfant. «Quand le diagnostic ne fait pas l’affaire de la directrice elle exige que l’on consulte un autre spécialiste.»
    Plusieurs parents se sont plaints du fait qu’il n’y a pas de psychologue dans l’établissement. D’autres estiment que sont utilisés incorrectement des méthodes punitives. «Les locaux d’isolement sont grands comme des penderies et ne sont pas matelassés. Des enfants peuvent y rester une heure, une heure et demie » On estime qu’il est périlleux d’y avoir recours alors qu’il n’y a pas de psychologue .»
    La directrice assure que les récriminations des parents ne sont pas fondées. Elle confirme qu’il n’y a pas de psychologue . « Mais on en a en consultation ».
    Elle affirme que son établissement est réputé et que des enfants sont sur la liste d’attente. «On a récemment ajouté un spécialiste en gestion du comportement», dit la directrice qui ajoute que les salles de retrait, «on ne les utilise que lorsqu’il y a un danger imminent pour l’enfant ou pour quelqu’un d’autre».
    Si la quasi-totalité des parents qui se sont plaints estime que le personnel est dévoué, plusieurs reprochent à la direction d’être méprisante et autocrate. «Les parents sentent qu’ils doivent lui obéir, sinon ils se font menacer de voir leur enfant expulsé. Ce n’est pas normal que les parents aient peur, ce n’est pas normal de toujours avoir peur de représailles», a dit une mère.
    Le Ministère confirme……………….

    • Isabelle dit :

      merci de ne pas censurer les points de vue qui diffèrent un peu !

      • admin dit :

        Nous ne censurons que les attaques ad hominem ce qui était le cas de votre message précédent. Fournissez des éléments tangibles et on l’approuvera.

  3. Vagrant dit :

    D’une part dans votre sous-titre vous opposez Psychanalyse et Autisme : « Psychanalyse vs. Autisme » , je croyais qu’il s’agissait d’un désaccord entre approches comportementalistes et psychanalytiques???

    Ensuite vous parlez de danger de la psychanalyse mais savez vous bien ce que c’est ? Comment elle s’applique ? Avez vous lu des ouvrages de grands psychanalystes ou vous êtes vous arrêté à Freud et Lacan, 2 pionniers certes mais dont les théories ont été maintes fois revisitées ?

    Enfin, Une approche comportementaliste est un plus, mais unique, elle tend à supprimer la dynamique inconsciente, ne reste alors qu’une tentative superficielle d’adapter l’enfant à des normes, à le transformer en mouton. Et sa souffrance alors ?

    • admin dit :

      Le débat est beaucoup plus large que le débat entre psychanalyse et comportementalisme. Ce débat est clos depuis bien longtemps car la psychanalyse a refusé de mettre en place des protocoles de recherche digne de ce nom et d’essayer de fournir la preuve de son efficacité.

      Le « Laissez faire » psychanalytique ne conduit qu’au désastre dans les faits. Où sont les enfants « soigné » par la psychanalyse et qui fonctionnent normalement dans la société au lieu d’être institutionnalisés à vie ?

      • Vagrant dit :

        C’est faux, les psychanalystes restent très ouverts aux méthodes qui diffèrent et notamment aux TCC quyi apportent beaucoup. Une approche pluridisciplinaire est toujours préférable, l’autisme ne se réusmant pas à un simple désordre physiologique d’un côté ni à une p^sychose de l’autre. Je reconnais que les Lacaniens ont une tendance à trop « psychiser » la situation mais le film « Le Mur », comme l’a montré l’audience judiciaire, a profondémment dénaturé les propos des personnes interrogées, alors avant de crier à la censure excessive contre laquelle je suis farouchement opposé, je crois qu’il faut d’abord se poser la question de quelque chose se rapprochant de manière inquiétante à de la propagande, qui est aussi en soi une forme de censure.

        • admin dit :

          L’approche pluridisciplinaire est acceptable à condition que la psychanalyse en soit exclu. Il convient de rappeler que la psychanalyse ne fait partie d’aucune recommandation ni nationale ni internationale dans l’autisme. Le procès en lui même jette le trouble sur la capacité de la justice à statuer en France sans pression politique.

  4. Coline dit :

    On attend de savoir ce que sont devenus les petits dysharmoniques et psychotiques passés par la fabuleuse méthode « intégrative » prônée depuis 30 ans. Bizarrement on n’a jamais de réponse…

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