Collectif Soutenons Le Mur

Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

Mise à jour: 30 janvier 2012

Le 26 janvier 2012, Sophie Robert a été condamnée en première instance par le TGI de Lille. Elle doit retirer les interviews incriminées, ce qui revient à censurer le film, et doit payer la somme de 12 000 Euros par plaignant, soit 36 000 EUROS et doit retirer son film du site d’Autistes Sans Frontières, avec astreinte de 100 Euros par jour. Pour sa part, l’association Autistes Sans Frontières est relaxée

La presse s’est déjà fait un large écho hier soir de la condamnation que Sophie Robert a apprise à New York .

La Voix du Nord : Le Mur, documentaire sur l’autisme de Sophie Robert ne pourra être diffusé en l’état

« La chambre civile du tribunal de Lille a rendu sa décision. Le Mur, le film de la documentariste Sophie Robert, au sujet de la prise en charge de l’autisme par la psychanalyse, ne pourra pas être diffusé en l’état. »

FRANCE TV INFO: « Un documentaire sur l’autisme interdit après des plaintes de psychanalystes »

« Le tribunal de Lille a « constaté que les extraits d’interviews » des psychanalystes de renom « Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens (…) portent atteinte à leur image et à leur réputation en ce que le sens de leur propos est dénaturé ». Les extraits de ces interviews qui figurent dans le film « doivent être supprimés », ajoute ce jugement, ce qui revient selon l’avocat de la documentariste Sophie Robert, Me Benoît Titran, à ce que « le film soit interdit en l’état ». »

France TV :

« Suite à une plainte de trois psychanalystes interrogés dans le document, le film controversé de Sophie Robert a été interdit en l’état, la justice réclamant le retrait d’extraits dans lesquels ils apparaissent. »

«Michael Moore serait interdit en France !», déplore la défense

«A ce prix-là, n’importe quel documentaire monté peut être interdit. Le documentariste n’a plus le droit de porter un regard dans son montage», a commenté Me Titran, qui devait faire appel. «Le travail de montage est mis en cause. Avec une telle jurisprudence, Michael Moore (réalisateur américain de documentaires très engagés, ndlr) est interdit de film en France !»

Rue 89: Autisme : le documentaire « Le Mur » condamné par la justice
« Me Benoît Titran, estomaqué, estime cette décision de justice « dangereuse pour la liberté d’informer » :
« Ce qui est critiqué c’est le principe même du travail de montage, ça remet en question n’importe quel travail de documentaire. Les psychanalystes interviewés se sont piégés eux-mêmes dans leurs réponses, elle ne les a pas piégés. »
Le responsable juridique de la Scam, la société des auteurs, qui a défendu la réalisatrice, trouve « inquiétant que le juge s’immisce dans le travail de montage ». Nicolas Mazars :
« A partir du moment où le juge a reconnu qu’il n’y avait pas d’atteinte au droit à l’image des interviewés et qu’ils ne sont pas co-auteurs du film, il aurait dû s’arrêter là.
L’obligation de respecter les propos des interviewés est une nouvelle limite à la liberté d’expression, une sorte de droit moral posé sur les propos des interviewés. Les gens savent qu’il y a un montage, et ils doivent prendre leurs responsabilités ». »

L’Express : « Un documentaire sur l’autisme interdit »

« La documentariste s’est exprimée depuis les Etats-Unis lors d’une conférence de presse diffusée sur internet peu après que le verdict ait été rendu. Elle a dénoncé « la dérive sectaire du mouvement psychanalytique français et son emprise sur la société française », précisant toutefois que « tous les psychanalystes ne sont pas concernés par cette dérive et que certains, au contraire, la dénoncent ». Elle a annoncé qu’elle prépare actuellement un deuxième volet à sa série sur la psychanalyse. Celui-ci ne portera pas sur l’autisme mais sur la théorie sexuelle, a-t-elle expliqué, pour montrer « la vision très spécifique de la sexualité dans la psychanalyse, pour laquelle la sexualité explique tous les troubles psychiques ». »

« Mais les passions que Le Mur a déchaînées ont finalement suscité l’intérêt au-delà des frontières de l’Hexagone. Le quotidien américain The New York Times a consacré un long article à l’affaire le 19 janvier. Et une version courte de 30 mn du Mur, doublée en anglais mais non censurée, doit être projetée le 27 avril à Philadelphie, aux Etats-Unis, lors d’une conférence internationale sur l’autisme organisée par l’association promouvant la méthode comportementale ABA. »

Presse Nationale
Presse Régionale Lille
Médias Internet
Articles préalables à la décision
  • 20 MinutesLe débat houleux sur la prise en charge de l’autisme se déplace au tribunal
  • Ouest France: Un documentaire sur l’autisme devant le tribunal
  • Nord Eclair: « Autisme : « Il faut tourner la page de la psychanalyse » »
admin On janvier - 27 - 2012

16 Responses so far.

  1. ssrw38 dit :

    La honte de la France ! Et ce pays se prétend le défenseur des droits de l’homme et s’en va gerroyer à travers la planète… Probablement que les personnes avec autismes ne sont pas des hommes reconnus comme tels en France donc pas concernés par ces droits. HONTE ! HONTE !

  2. Anti-psyKK dit :

    Donc, puisque ces 3 énergumènes ont reproché à Sophie ROBERT, d’avoir effectué un montage malhonnête, à partir de leurs propos tenus dans de longues interviews, et qui aurait eu comme conséquence de dénaturer (selon eux) ces propos…. on peut donc en déduire qu’ils ne s’opposeraient en RIEN à ce que l’INTEGRALITE de leur interview, soit diffusée, de manière brute et sans aucun montage, sur Internet, afin que n’importe qui puisse juger du caractère scandaleux ou non de ce qu’ils déblatèrent….

    Ils ont trouvé un merveilleux moyen d’ »effacer la bande »…. Ils ont dit ce qu’ils ont dit : C’est sorti de leur bouche, personne ne les a forcé à déclarer de telles choses… Et pourtant ! Ne pouvant avouer publiquement qu’ils regrettent de s’être trop « lâchés », ou revenir dans le temps pour ne jamais accorder ces interviews (« Marty, nom de Zeus, démarre la DeLOrean ! »), ils ont trouvé la parade en lancant cette procédure qui a abouti à cette parodie de justice

    Les propos ont été sortis du contexte… Ha bon ? Ok, MAIS LAISSEZ NOUS EN ETRES JUGES ! Nous n’avons pas besoin d’une décision de justice grotesque pour nous dire ce que nous devons ou non penser quand de tels propos sont balancés sur les enfants autistes et sur le mères « crocodiles »

    Il ya encore trop de déctracteurs sur les blogs, les sites, etc… qui approuvent cette décision de justice qui baillone la liberté d’informer

    Ce qui mettra tout le monde d’accord, c’est le jour où les x heures d’interview SANS AUCUNE coupure ni montage, de chacun de ces 3 plagnants, seront balancés publiquement et accessibles à tous…(Juridiquement, ils ne pourraient pas s’y opposer : Ils ont donné leur accord de diffusion lors de l’interview ET la diffusion ne comporterait aucun montage, DONC ne pourrait être concernée par le délibéré du 26 janvier du TGI de Lille… du moins en théorie: Une « justice » qui a donné les scandales d’Outreau par exemple, je m’en méfies comme de la Peste)

    Ainsi plus aucun « psyKKphile » ne pourra prétexter un « odieux montage qui dénature les propos gna gna gna.. »

    • admin dit :

      Les rushes sont protégés par leur droit d’auteur et appartiennent à leur auteur qui peut ou non décider de les rendre publique ou de les exploiter commercialement ou pas. Exiger la publication des documents contrevient clairement à ce droit de l’auteur. Nul n’est donc en droit d’exiger cela.
      D’ailleurs, cette diffusion ne serait pas sans poser d’autres risques juridiques. C’est le rôle de la justice de faire ce travail et la décision prise par le tribunal porte gravement atteinte au droit de l’auteur en matière de montage et à la liberté d’expression.

      • jack dit :

        Oui, les rushes sont propriété de la cinéaste. Le public ne peut donc comparer les extraits avec les originaux… sauf si la cinéaste accepte de publier lesdits originaux, car il en a le droit: que ces rushes soient sa propriété ne l’oblige en rien à les garder secrets.

        Y a-t-il eu montage, ou non? Il y a eu montage, et là tout le monde en est d’accord. Sinon, pourquoi parler des rushes?

        Ce montage constitue-t-il ou non une falsification des propos des interviewés? Là seulement il peut y avoir débat. Dans ce débat le tribunal, après examen des pièces je suppose, a tranché: les juges ont reconnu la falsification, et ont fait droit aux plaignants.
        Comme tout jugement de première instance, cette décision est susceptible d’appel.

        Cela dit, en quoi ce jugement constitue-t-il un déni du droit de la documentariste à exercer ses talents, notamment de montage? C’est comme si on disait qu’une condamnation pour diffusion de fausse nouvelles était un déni du droit à la libre expression.
        Ou comme si on prétendait que de mettre un escroc en prison était un déni de la liberté d’aller et de venir.
        Faut quand-même pas pousser.

        Par le montage, de par le procédé même, il est tout à fait possible de fabriquer des falsifications. Exemple: un auteur ou un interviewé pour une émission politique pourra dire « Les nazis prétendent que les juifs sont des sous-hommes » et voir son propos abrégé par suppression de la première partie de la phrase. Il sera alors réputé avoir exprimé lui-même le propos raciste qu’il dénonce chez les nazis. Le monteur, dans ce cas, peut-il légitimement arguer du droit à choisir les extraits d’interview par montage? Ou l’interviewé peut-il se fâcher? Reste à la justice, en cas de plainte de ce dernier, de prononcer un jugement.

        Bon, on sait bien que les avocats sont des professionnels des effets de manches.

        Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage… qu’il ait ou non la rage. Et même dans le cas où il l’a vraiment, il se peut que ce ne soit pas pour autant la vraie raison du souhait de le tuer. Nous connaissons tous les arguments que croisent les avocats dans les procès de divorce. L’avocat du mari fera reproche à la femme de rentrer tard le soir en oubliant que, Monsieur étant au chômage, c’est l’épouse qui subvient aux besoins du ménage. Caricature? allez donc y voir de plus près.

        Le psychanalystes ne sont pas plus blanc-bleu que le commun des mortels. Il y en a de bons et de médiocres, des honnêtes et des malhonnêtes. J’en connais des quatre sortes, plus d’autres. D’être psychanalystes ne les garantit nullement de l’imposture -ni malheureusement leurs patients. Leurs livres et revues abondent d’ailleurs de leur critique et éventuellement contestation de leurs propres pratiques (pas seulement de celles du psychanalyste d’à côté, mais chacun de la sienne propre). Par contre les thérapeutes/éducateurs ABA, Teach, etc. seraient donc des saints, du seul fait des théories et techniques qu’ils appliquent?

        Une troisième ligne de conceptions de la prise en charge de l’autisme nous viennent du Québec. L’idée directrice en est: plutôt que de vouloir à tout prix soigner les autistes, pourquoi ne pas plutôt leur permettre des orientations compatibles avec leurs compétences originales(proposition d’une chercheuse par ailleurs autiste).

        Bref, il y a encore du boulot. Entre psychologie, neurologie, idéologie sociale et politique…

        Mais je ne vois pas trop la validité de la caricature outrancière, qui me fait penser, en ce qui concerne « Le Mur », à la littérature de dénonciation et aux théories du complot.

        • admin dit :

          Sur le conseil de ses avocats et de façon à ne pas nuire à l’appel, Sophie Robert ne divulgera pas les éléments litigieux.
          Le fait que le justice censure un documentaire est en soit un acte juridique grave qui nuit clairement à la liberté d’expression en France.
          Il n’est pas question de caricature entre TCC et psychanalystes. Les parents exigent juste des thérapies basées sur la preuve et les plus avancées, ce que la psychanalyse ne fournit pas.
          On est bien loin de la caricature. La situation en France dans l’autisme est par contre une caricature d’un autre temps et il est temps d’y mettre fin.

  3. Calbas dit :

    C’est la porte ouverte à toute les dérives, après on s’étonnera que certaines sectes aient un pouvoir si immense en France, elles n’auront même plus besoin de subtiliser les preuves sous scellé dans les tribunaux. Le juge ferait-il parti d’une de ses sectes pour avoir ainsi censurer la liberté d’expression.

  4. MG de J dit :

    Le pouvoir des juges:
    Nombre de reportages ou documentaires sont des montages (Karlin, « cauchemar de Darwin », Moore), etc…nombre d’interviews consistent en découpage de bandes magnétiques… cela relève de la liberté artistique.
    Mais dans cette affaire, il s’agirait de propos déformés … et il y a des plaignants…qui se présentent comme des victimes…Il faut « déconstruire » la psychocratie psychanalytique hégémonique et ne pas s’en prendre nommément à ses prêtres… Remarquons que ceux-ci dénoncent souvent les pouvoirs, mais ici n’hésitent pas à recourir à l’arbitrage du prince…
    La psychanalyse est une théorie… mais aussi une pratique, comme aimait à le dire le locataire de la Bergstrasse 19. Alors, il faudrait évaluer les praticiens…mais ceux-ci se dérobent, et préfèrent la procédure. (ces propos sont-ils diffamatoires???)
    La justice est garante de la vérité scientifique (vaccin hépatite B, ondes électro-magnétiques)
    Trouve-t-on les attendus du jugement et les rapports d’expertise???

    signé Nicolai Vavilov
    @Calbas: nombre de sectes font condamner leurs détracteurs… probablement maladroits dans la forme

    • jack dit :

      Récemment, c’est le législateur, même plus le juge mais le législateur, qui prétend dire le vrai sur ce qui est valable comme thérapeutique… et du coup interdire toute intervention du modèle psychanalytique dans l’accompagnement thérapeutique de l’autisme.
      C’est mieux?

      • admin dit :

        Jusqu’à preuve du contraire, le législateur est responsable des prises de décision et la psychanalyse ne peut s’affranchir du débat politique. Les hommes politiques sont maître de la destinée de la nation et sont là pour faire des choix qu’ils jugent notamment conformes aux obligations internationales de la France. Il convient de rappeler que la psychanalyse ne fait l’objet d’aucune recommandation dans l’autisme au niveau international.

      • MG de J dit :

        Quel législateur obligera la psychanalyse à faire évaluer ses pratiques et les juges à condamner les contrevenants?
        L’objectif de protection du malade, devrait l’y contraindre… Monsieur Douste avait fait retirer du site du ministère le rapport de l’INSERM. Si cette thérapie se soumet à la « falsification » (Popper) Il n’y aura plus de documentaires …. tendancieux…
        La psychanalyse juge de tout, rien ne juge de la psychanalyse… »Qui t’a fait roi? »
        On a l’impression qu’il y a un certain retrait depuis Bettelheim …

  5. jack dit :

    Cela se passe en 2005. Je travaille dans un lieu d’accueil parents/enfants. Une fillette de 1 ans et demi pose un sérieux problème à l’équipe d’accueil, bénévoles non spécialistes, moi-même qui ai en outre une fonction d’analyse et d’élaboration de la pratique, une psychologue clinicienne et un médecin. L’enfant présente une autarcie alarmante. Elle erre, monte comme un somnambule les escaliers du toboggan, tombe et les dévale sans se faire mal, les autres enfants lui marchent dessus sans réaction de sa part, aucune parole ni rencontre n’infléchit ses trajets stéréotypés, elle passe à travers les gens comme s’ils n’existaient pas. Une accueillante a eu la « bonne idée » de critiquer la mère dans son attitude. La mère m’en parle, et je lui réponds sans ambages que ma collègue avait parlé abusivement. Par la suite, j’ai pu être suivi par l’équipe dans l’idée de ne pas intervenir de manière si peu dirigiste que ce soit, à l’égard de la mère comme de l’enfant, donnant comme « instruction » de continuer à les recevoir courtoisement, leur faisant bon accueil en somme. Huit mois de patience, absence totale d’interprétation, soutien à l’enfant, limité à l’aider à se tirer de situations physiques difficiles (comme d’être piétiné par exemple, en lui disant quelque chose comme « Ah ben ma pauvre, mais les autres enfants te marchent dessus »), la saluant par son prénom ainsi que sa mère. Les collègues me tannent: « faut faire quelque chose, tout de même! » Je tiens bon et on continue comme ci-dessus.
    Puis miracle: un jour, à l’heure de fermeture, je vois la fillette, assise, échanger un mystérieux objet, en un va et vient silencieux, avec un autre enfant à peine plus âgé. Mais il n’y a aucun objet concret ! Nous attendons un bon moment ; je redonne le signal de l’heure de fermeture. Les deux enfants cessent leur jeu, leurs mères les habillent et ils partent.
    Accueil suivant: la petite a changé du tout au tout: elle inter-réagit avec les autres, entre dans les échanges élémentaires comme les autres enfants. Sur le toboggan, elle n’est d’ailleurs plus piétinée : elle n’est plus indifférente à la chute et sait se retenir à la rampe. Son visage est vivant. Quand je l’interpelle joyeusement d’un « Salut toi là-haut » suivi de son prénom, elle me décoche un sourire qui va d’une oreille à l’autre. A n’y pas croire, et pourtant !
    Je lui dis « Super, ta maman peut être fière de toi! » La mère, comme d’habitude très distante l’instant d’avant, me demande pourquoi. Je lui réponds que sa fille est agréable en société et que les enfants aiment sa fréquentation.
    La fillette était elle autiste? On pourra m’objecter que non, si par définition de l’autisme on n’en sort pas. Ou seulement mutique? En tout cas, par la grâce d’un enfant à peine plus âgé, elle été invitée au partage symbolique, d’emblée au plus haut niveau par le jeu d’échange d’un objet qui était littéralement RIEN. Mon regret : ne pas avoir pu voir comment s’était initié ce jeu.
    Mon commentaire à propos du symbole est celui du psychanalyste que je suis. C’est tout à fait en psychanalyste que j’ai agi.
    Résultat pour la fillette : sortie de son impasse inquiétante. Pas PAR nous, mais non plus PAS SANS nous, pas sans qu’elle ait été accueillie par cette équipe animée par un psychanalyste dont la démarche a été acceptée par ses collègues.
    Certes, certains psychanalystes peuvent ne pas avoir ce discernement. Mais c’est bien en psychanalyste que j’ai agi et fait agir en l’occurrence, pratiquant là non pas une psychanalyse au sens véhiculé dans le grand public, mais une clinique que cette équipe ne cesse d’élaborer, et que je dois à ma propre longue (et douloureuse) formation psychanalytique, et à ce que j’en ai fait. Je n’appartiens à aucune société de psychanalyse.

    Je n’ai dans ma pratique rencontré l’autisme que de rares fois, et je n’en suis pas un spécialiste. J’ai accueilli, dans le même lieu, deux jumeaux diagnostiqués autistes par ailleurs, qui ne sont pas revenus après trois ou quatre accueils. Quand l’un deux se jetait par terre en criant et que je le rejoignais pour lui tenir compagnie, ce qui effectivement le calmait au bout d’un moment, elle me reprochait de céder à ce qu’elle appelait « caprice » ou « faire son malin ». Ce n’était d’ailleurs pas la faute de cette mère, d’un niveau culturel et social plus que défavorisé. Les deux enfants présentaient des stéréotypies très ressemblantes. J’avais conseillé aux collègues de ne pas les confondre et de noter à chaque accueil un détail, par exemple vestimentaire, permettant de les distinguer. Les seules remarques qu’il ma été possible de faire lors de ce nombre très réduit d’accueils: quand l’un se mettait à crier lorsque d’autres enfants le touchaient ou l’approchaient, et que je disais à la cantonade qu’Alex (pseudonyme) ne voulait pas qu’on le touche, il s’arrêtait de crier et me prêtait attention. Lorsque j’ai dit à l’un d’eux, vautré par terre et hurlant, qu’il avait un frère qui lui ressemblait tellement qu’on avait tendance à les confondre, et que c’était injuste et blessant d’être confondu avec un autre, il a cessé de crier et m’a prêté attention. Ma ‘vignette clinique’ les concernant ne peut aller beaucoup plus loin, mais ces quelques remarques attestent qu’une parole juste, ou estimée telle par eux, trouvait en eux un destinataire réceptif et potentiellement répondant. Et je suis psychanalyste en faisant cette remarque. Je ne sais pas si l’accueil dans notre lieu aurait fait des miracles avec eux, puisque la mère, ou l’institution médicale au sens large, ou les deux, a/ont décidé de faire traiter ces enfants sans notre aide.
    Je n’ai pas d’autre expérience significative avec l’autisme.
    Désolé d’avoir été plus qu’un peu longuet, mais si on n’entre pas dans les détails on ne peut que se lancer des opinions à la figure, ce qui ne m’intéresse pas.
    Par ailleurs, j’exerce la psychanalyse en cabinet libéral. Bien que n’appartenant à aucune société/association/école de psychanalyse, je participe à des groupes de travail de diverses d’entre elles, j’y apprends beaucoup et j’y conteste beaucoup aussi.
    Alors, pour moi, défendre LA psychanalyse, ou attaquer LA psychanalyse…
    Par contre, il me semble pouvoir faire le distinguo entre ce qui est de l’ordre des arguments de campagne ou de prétoire, et ce qui est de l’ordre de la vérité. Et il est rare que cela se recouvre.

    • admin dit :

      En tant que collectif, notre combat n’est pas contre LA psychanalyse mais contre LES pratiques psychanalytiques dans l’autisme. Il convient de rappeler que les pratiques psychanalytiques ne font l’objet d’aucune recommandation internationale dans l’autisme.

      Votre témoignage bien qu’intéressant présente plusieurs problèmes :

      • Ne connaissant pas ces enfants, il est impossible de juger ces cas.
      • « Je n’ai dans ma pratique rencontré l’autisme que de rares fois, et je n’en suis pas un spécialiste ».
      • « Je n’ai pas d’autre expérience significative avec l’autisme. »
      • « Bien que n’appartenant à aucune société/association/école de psychanalyse, je participe à des groupes de travail de diverses d’entre elles, j’y apprends beaucoup et j’y conteste beaucoup aussi. »

      En dehors de l’autisme, libre aux gens de choisir d’utiliser la psychanalyse en leur âme et conscience en étant parfaitement informé sur ces pratiques. Cependant, le régulateur serait bien avisé de créer une profession réglementée de psychanalyste.

    • Coline dit :

      Oui, et ma tante a eu de très bons résultats à Lourdes pour son arthrose.
      Et les gens qui voudraient faire rembourser l’eau de Lourdes par la Sécurité sociale sont gentils.
      Et les autres sont méchants et manquent d’ouverture d’esprit.

  6. jack dit :

    Ma pratique est bel et bien une pratique psychanalytique. En effet, en principe, loin d’avoir pour vocation princeps la prise de pouvoir, la psychanalyse s’est fondée (quitte à ce que certains utilisent son discours « savant »(*) comme moyen d’intimidation intellectuelle, ce qui en est une déviation), sur le respect de la légitimité des manifestations humains y comprises les plus apparemment « anormales ».
    Je crois donc que lorsque vous écrivez « LES pratiques psychanalytiques » il conviendrait d’écrire plus justement « CERTAINES -ou DES – pratiques psychanalytiques, très majoritaires et instituées ».
    La radicalisation de l’expression de votre propos est peut-être nécessaire pour faire bouger les choses, et donc compréhensible, mais ne sera pas sans dommages collatéraux.
    Les bénévoles faisant tourner le lieu d’accueil dont je vous parle se sentiraient bien insultées si on leur disait qu’elles ont eu tort de faire confiance à un psychanalyste pour animer l’équipe d’accueil. Je le suis aussi, si je considère l’honnêteté de mon travail, et sa validité prouvée localement, et la rémunération dérisoire (1,5 fois le tarif femme de ménage l’heure de présence -qui ne tient pas compte d’autant de travail de transmission et de tâches matérielles).
    Par ailleurs, comme suite aux attaques sans nuance et sans discernement dont la psychanalyse est la cible, j’hésite à présent à me définir comme psychanalyste lorsque les pouvoirs publics nous interrogent sur ma participation au lieu d’accueil, de peur d’en fragiliser l’inscription dans leurs registres et d’en mettre en péril la pérennité.
    (*)Lacan tenait un discours érudit et de recherche à l’adresse des psychanalystes. Ensuite des psychanalystes ont utilisé ce même style de discours comme moyen intimidant de s’imposer comme références intellectuelles incontournables -leur érudition n’étant pas ce qui est en cause dans cette remarque. D’autres psychanalystes, « lacaniens » ou non, n’utilisent pas ce procédé. Malheureusement ils restent, de ce fait, ignorés tant des médias que des responsables de recrutement dans les institutions.
    Salutations.

    • admin dit :

      Nous demandons bien l’abandon DES prises en charge psychanalytiques dans l’autisme.

      Où sont les recherches pour montrer que votre pratique est efficace ?
      Auriez vous honte de vous définir comme psychanalyste alors même que vous vous définissez comme tel ?

      Ce sera le dernier commentaire de cette taille que nous publierons de vous sur ce site.

  7. jack dit :

    Honte non. A votre tour, vous déformez un propos, ci-dessus le mien, dont vous avez cependant, et je vous en remercie, laissé paraitre l’original . Simplement je ne veux pas affaiblir une association utile en mettant en avant, comme un « rouge tablier », une formation aussi actuellement décriée, que je ne dissimule pas pour autant.
    Cela dit, je suis bien inscrit dans l’annuaire Pages Jaunes comme psychanalyste.
    Mais nous sortons là du sujet, qui n’est pas a priori la psychanalyse.
    Mais votre question « honte » appelait une réponse. J’espère avoir été assez succinct.

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