Collectif Soutenons Le Mur

Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

Le débat actuel sur l’autisme est le souvent présenté comme une guerre de tranchée entre d’un coté les psychanalystes et d’un autre les comportementalistes. En réalité, le temps de parole est ultra dominé jusqu’à présent par les psychiatres se rééquilibre avec l’apparition d’association, de parents et de scientifiques qui réclament un changement. La psychanalyse vacille.

Si, en surface, les psychanalystes continuent de faire croire que leurs « efforts » peuvent aider les autistes à « guérir » de leur autisme, le roi est nu. La réalité de la psychanalyse comme pseudoscience voire idéologie non validée conduisant à des retards de prise en charge commence à s’imposer dans l’opinion. Au point que même certains psychanalystes prennent la parole pour essayer de sauver la discipline. Resteront les fanatiques qui, comme les derniers staliniens, continueront de nier la réalité.

Le Point : « La psychanalyse : art curatif, mirage lucratif » (19/02)

Nombreux sont les lecteurs du magazine Le Point (19/02) qui voient la psychanalyse tel un culte et une pseudo-science. D’autres revendiquent l’absence d’utilitarisme et veulent pouvoir choisir. La psychanalyse est également défendue par certains comme théorie explicative et non pratique curative. En réalité, ces commentaires se rejoignent et démontrent que la psychanalyse n’a pas sa place dans le soin, mais plutôt dans le domaine de la croyance. En effet, une théorie explicative sans hypothèse scientifique falsifiable tient plus de la croyance que de la science. Dès lors, le débat scientifique devient souvent impossible.

http://www.lepoint.fr/debats/la-psychanalyse-art-curatif-mirage-lucratif-19-02-2012-1432892_34.php

Le Monde : « Les parents d’enfants autistes s’épuisent à chercher des solutions de prise en charge » (20/12)

Pour une fois, Le Monde s’est fait l’écho des difficultés de prise en charge des parents, critiquant à mot couvert la prise en charge psychanalytique. Les parents y expliquent que dans des CMP « on nous a dit qu’il était urgent d’attendre ». Une autre maman explique qu’ »en France, les listes d’attente sont interminables, mon fils a été scolarisé en Belgique ». Pour une autre, « à ce jour, ma fille n’est toujours pas scolarisée dans une école. Quant aux centres adaptés à son handicap, la liste d’attente est de plusieurs années.» Une autre parent explique la difficulté à trouver des spécialistes en région : « Nous avons recherché en libéral les mêmes spécialistes qui suivaient notre fille à Paris. Rares, ils obligent à parcourir de grandes distances et ne sont pas ou très mal remboursés ». Une autre mère écrit : « Nous sommes très inquiets quant à son suivi après le collège, il n’y a pas d’ortophonistes formés pour ma fille dans ma région qui auraient pu la prendre en charge. Très peu de professionnels connaissent l’autisme, ils manquent de formation, et de nombreux parents se débrouillent seuls, n’ont aucune prise en charge… C’est scandaleux ! ». Muriel explique : « L’école ? Personne n’en voulait ». Pour Régine, « une fois adultes, les autistes ont autant, sinon encore plus de difficultés ».
L’absence de prise en charge de qualité dépasse largement la simple question de la psychanalyse ou du comportementalisme, mais la théorie psychanalytique est le verrou qu’ils faut faire sauter.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/20/les-parents-d-enfants-autistes-s-epuisent-a-chercher-des-solutions-de-prise-en-charge_1644943_3224.html

Pseudo-Sciences (AFIS) : « Autisme : tout ne marche pas ! » (21/02/2012)

Pour sa part, Jean-Paul Krivine s’attaque dans Pseudo-Sciences aux propos de Bernard Golse rapportés par Libération selon lesquels « Dans l’autisme, rien n’est validé ». Il écrit : « On le sait, les partisans des approches psychanalytiques théorisent souvent l’impossibilité de toute évaluation de leurs pratiques thérapeutiques (la « santé mentale » n’est pas évaluable, ne peut être « normalisée », proclament-ils) ». Il rappelle qu’ « aujourd’hui, la place de la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme est doublement remise en cause : la composante génétique de cette maladie est maintenant solidement établie et l’évaluation de l’efficacité des différentes méthodes thérapeutiques avance à grand pas. À ce jour, aucune des approches d’inspiration psychanalytique n’a été validée ».
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1824

 

Le Monde : « Ni rituel psychanalytique ni réductionnisme génétique ! » (22/02/2012)

Yehezkel Ben-Ari, neurobiologiste, Nouchine Hadjikhani, neuroscientifique et Eric Lemonnier, pédopsychiatre vont plus loin. Pour ces auteurs, il faut dépasser le rituel psychanalytique et le réductionnisme génétique. Ils font le constat que « des conflits idéologiques, forts éloignés de la réalité médicale et biologique, semblent fleurir particulièrement dans l’autisme. » Ils rappellent que « L’autisme est une maladie du développement cérébral avec la formation très tôt de réseaux neuronaux aberrants qui rendent difficile la communication des enfants autistes dès leur plus jeune âge », que « l’autisme a parfois une origine génétique, mais l’environnement joue un rôle crucial. » et notamment que « des études épidémiologiques montrent une bonne dizaine de facteurs de type environnementaux ayant un rapport avec l’autisme ». Ils enterrent la psychanalyse : « la prétention des psychanalystes de guérir cette maladie avec des séances de psychanalyse ne tient pas, car on ne peut pas ignorer la biologie. Le manque de fondement scientifique de cette branche et le fait qu’elle s’affranchit du minimum de preuves statistiques auxquelles sont astreints tous ceux qui veulent développer des traitements est inacceptable. » Ils rappellent également l’inutilité d’un débat droite-gauche : « La guéguerre entre droite et gauche n’a pas lieu d’être ici, marier la gauche avec la psychanalyse est aussi simpliste que prétendre que les approches comportementales sont de droite » et de conclure : « En attendant, une approche à la carte sans menu fixe et sans hégémonie s’impose, mais elle doit être basée sur des méthodes qui ont fait leurs preuves ».

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/02/22/ni-rituel-psychanalytique-ni-reductionnisme-genetique_1646803_3232.html

Il y a donc urgence à sortir d’un débat gauche-droite inutile. L’autisme n’a pas de parti.

Le Monde : « Autisme : c’est la psychiatrie qu’on attaque » (22/02)

Certains restent aveuglés par l’aura psychanalytique, tel le philosophe Jean-François Rey, qui veulent voir dans le débat actuel une déshumanisation de la psychiatrie. Il soutient aveuglément et dans un langage confus l’approche psychanalytique et les pratiques du Professeur Delion, préférant se retrancher derrière des arguments d’autorité sur le prétendu humanisme de la discipline et le scientisme des opposants. Cependant cette démarche ne tient être incohérente. Pour s’en convaincre, on pourra lire le post de Nicolas Gauvrit des Université d’Artois & Université Paris VII.
La tribune de Jean-François Rey : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/02/22/autisme-c-est-la-psychiatrie-qu-on-attaque_1646802_3232.html
La réponse de Nicolas Gauvrit : http://psymath.blogspot.com/2012/02/questions-jean-francois-rey.html

Libération : « Autisme : la psychanalyse (enfin) contrainte à évoluer » (22/02)

Serge Tisseron, Psychiatre et psychanalyste, croit pouvoir sauver la psychanalyse en ouvrant de nouvelles voies de recherche. Il observe :  « la psychanalyse a été plombée dès l’origine par deux handicaps que les sociétés de psychanalyse, trop soucieuses de la fidélité au maître, n’ont pas su faire évoluer, en condamnant même à la marginalité ceux de leurs membres qui auraient pu le faire. […] Le fait que la psychanalyse soit instituée en «science de l’inconscient» a conduit beaucoup de psychanalystes à penser que la seule méthode d’investigation appropriée à son avancement était le traitement psychanalytique des patients, tandis que ces traitements étaient le seul moyen de faire progresser leur science. Cette façon de tourner en rond a conduit à une dégradation partielle de la psychanalyse en idéologie. […] les psychanalystes ont prétendu se centrer sur la mise au jour des significations cachées dans l’inconscient. Du coup, ils ont ignoré, pour ne pas dire dévalorisé, tout ce qui relève d’autres fonctions du psychisme […] Bref, autour de l’autisme, il n’y a pas eu de «bons» et de «mauvais» psychanalystes, mais des praticiens confrontés à l’impossibilité de penser en dehors des clous de leurs écoles respectives. C’est pourquoi, plutôt que de s’apitoyer sur la décision de la HAS, celle-ci doit être l’occasion pour les psychanalystes d’engager des renouveaux théoriques. »
http://www.liberation.fr/societe/01012391368-autisme-la-psychanalyse-enfin-contrainte-a-evoluer

Néanmoins, Serge Tisseron oublie que le dépassement des frontières des clans psychanalytiques ne permettra pas de gommer le fait que l’autisme est un trouble neurobiologique d’origine génétique avec une composante environnementale.Une seule conclusion s’impose : la pluridisciplinarité s’impose mais la psychanalyse n’a plus sa place dans l’autisme. Quelque soient leurs gesticulations et leurs pressions, les psychanalystes doivent aujourd’hui reconnaître simplement qu’ils se sont trompés dans l’autisme et en tirer les conclusions. Le roi est nu.

 

Auteur : David Heurtevent, Asperger, MA Georgetown, Porte-parole du Collectif

admin On février - 24 - 2012

3 Responses so far.

  1. turquoise dit :

    « La réalité de la psychanalyse comme pseudoscience voire idéologie »

    je comprend mieux pourquoi certains psychanalystes vous tombent dessus. quand je lis Magali Pignard écrire dans Libé « nous n’avons rien contre la psychanalyse », je vois que ce n’est pas vrai et que vous ne respectez pas cette discipline, ni les psychiatres d’ailleurs. or vous dites vous-même que l’autisme est un trouble neurobiologique, par définition, cela relève des psychiâtres qui sont des médecins.
    je veux bien croire que la psychanalyse soit inadéquate dans la prise en charge de l’enfant autiste, mais dénigrer la psychanalyse en général enlève beaucoup de poids à votre combat.

    • admin dit :

      La neurobiologie ne dépend pas forcément des psychiatres, loin de là. Les neurologues et d’autres spécialistes (neuropsychologues) sont parfaitement adaptés à ces prises en charge également.

      Le commentaire que vous citez faisait le bilan de la revue de presse. La vraie nature de la psychanalyse est désormais exposée au grand public, y compris par certains psychanalystes eux mêmes.

      Quand à Magali Pignard, elle est responsable de ses propos et ceux-ci n’engagent pas le collectif.

  2. coline dit :

    La psychanalyse « en général » a la prétention de comprendre et de traiter l’autisme.
    Je ne vois pas en quoi il serait inadéquat, en conséquence, de demander des comptes à la psychanalyse « en général »

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