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Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

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Le Monde a publié le 21 mars 2012 une tribune de Gabriel Bernot, membre de l’association Spectre autistique, troubles envahissants du développement- International (Satedi), qui regroupe des autistes de haut-niveau.

Gabriel Bernot explique qu’il a fait des études supérieures et qu’il a été diagnostiqué à l’âge adulte. Dès lors, cet article doit être lu au travers du prisme déformant de la personnalité autiste (parfois égo centrée) et de sa difficulté à se mettre dans la peau des autres, par exemple, ici, sa difficulté à prendre en compte les besoins des enfants les plus en difficulté.

Cette tribune manque de rigueur. Le « nous » utilisé dans l’article est  gênant. Par exemple, « Les abondants congrès « scientifiques » sur l’autisme font peu d’écho à nos contributions, offrant plus volontiers la tribune aux tenants de théories dont nous avons démontré l’invalidité. » Ce propos péremptoire n’explique ni qui est le nous, ni par qui, comment ou où les théories auraient été démontrées comme invalides. Par ailleurs, Gabriel Bernot écrit : « les « outils scientifiques d’évaluation » sur lesquels s’appuient ces méthodes et la HAS sont invalides. » Or il n’explique à nouveau pourquoi il le seraient, d’autant que l’emploi du consensus formalisé et de la méta-analyse sont des méthodes scientifiques solides pour évaluer la recherche.

Plus loin, Gabriel Bernot fait preuve de radicalisme en écrivant : « Les implants cochléaires, outre qu’ils répondent au « désir d’enfant parfait » des parents d’enfants sourds, favorisent les intérêts des chirurgiens ORL ». Si on poursuit l’analyse, toute prothèse serait inutile et instrumentalisée par un lobby. Ce n’est pas sérieux !

En fait, c’est son analyse sur la présence de lobbys médicaux qui permet de comprendre le fond de sa revendication : « Le paysage qui entoure l’autisme est composé de deux lobbies. L’un, appelons-le « pro-psychanalyse », décrit nos réussites comme la « désolation caractéristique du vécu intérieur désertique de la psychose » (Jean-François Rey, Le Monde du 23 février). Pour l’autre, dit « anti-psychanalyse », nous souffrons d’une « malformation cérébrale » dont « la preuve ne peut être contestée » (Yehezkel Ben-Ari, Nouchine Hadjikhami et Eric Lemonnier). Ces deux lobbies se rejoignent sur un point : la nécessité de nous soigner ! »

La revendication est donc d’accepter la différence et d’avoir une scolarité normale.

« Nous avons suivi « incognito » un cursus scolaire ordinaire » écrit-il.

Cette position louable, proche du laissez-faire, n’a pourtant aucun sens car elle est égo-centrée et ne prend pas en compte les troubles du comportement ou les situations de retard intellectuel grave qui sont parfois observées, ainsi que les conditions co-morbides typiques  de l’autisme (THADA, Epilepsie, Dyspraxie, etc).

Cette tribune n’est pas sérieuse et ce n’est pas à l’honneur du journal Le Monde d’avoir publié cet article sur son site.

Lire la tribune de Gabriel Bernot sur le site du Monde

 

Mise à jour : 22/03/2012. 23:50 – Réaction d’Olivier Bousquet enlevée à sa demande. Passage sur SATEDI enlevé, Emmanuel Dubrullé ayant indiqué que SATEDI n’était pas au courant de la tribune et que Gabriel Bernot n’est plus membre de leur C.A. depuis plusieurs années. La tribune ne saurait donc impliquer SATEDI.

admin On mars - 22 - 2012
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