Collectif Soutenons Le Mur

Archive Collectif Le Mur – Psychanalyse à l'épreuve de l'autisme – Sophie Robert

La Voix du Nord a décidé dans son édition du 24 mars 2012 de revenir sur la « polémique » qui secoue le monde de l’autisme depuis la sortie des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).

La Voix du Nord publie ainsi deux articles :

« Face à face - Deux perceptions du traitement de l’autisme »

Si Daniel Fasquelle se réjouit de la décision de la HAS, il regrette qu’elle ne soit pas allée aussi loin que la version initiale du rapport. Il déclare : « ils vont continuer leurs méthodes dont aucune n’a montré une quelconque efficacité. Mais je ne les lâcherai pas« . Pour lui il faut mettre fin au scandale et voit dans le packing une « méthode barbare« . « Il faut arrêter le massacre » dit-il.

Surprenant, on apprend par ailleurs que « le professeur Pierre Delion, pédopsychiatre au CHRU de Lille, n’a pas souhaité directement nous répondre, vu le contexte sensible, a-t-il justifié. » Pierre Delion préfère donc l’évitement.

L’article rappelle cependant, en détail, sa position publiée sur internet parlant d’ « une campagne calomnieuse et diffamatoire (…) orchestrée par des associations de parents (…) et s’en prenant bien au-delà du packing à la psychanalyse et à la psychothérapie institutionnelle« . L’article reprend également sa position sur le HAS, qui selon lui, « se disqualifie gravement » : « c’est toute la chaîne des décisions scientifiques qui est remise en question dans notre démocratie contemporaine. Cet état de fait ne pourra rester sans effets et sans suites. » L’article parle également de l’entrée en « résistance » du Collectif des 39 dans L’Express.

« Autisme : le Nord – Pas-de-Calais au coeur de la polémique »

L’article essaie d’expliquer pourquoi le débat sur l’autisme passionne autant en dehors de l’autisme. Le journal écrit : « Un rapport tel une bombe. Le 8 mars, la Haute Autorité de santé (HAS) a remis en cause une longue tradition française en désavouant l’approche psychanalytique dans le traitement de l’autisme. Depuis, le débat ne cesse de déchaîner les passions, avec en son coeur des acteurs régionaux. Il faut dire que ses enjeux vont bien au-delà de la maladie et posent de grandes questions.  » Le journaliste y voit un prolongement de la question nature-culture, et rappelle que le rapport est « une bombe dans le sens où, en France, l’approche psychanalytique, très influente chez les psychiatres, dominait jusqu’alors largement« .

L’article pense identifier plusieurs facteurs contribuant aux tensions : « Pourquoi tant de tensions ? Forte souffrance des familles, enjeux financiers importants, débat inné – acquis, politisation. La caricature veut même que l’approche psychanalytique soit de gauche et la comportementaliste de droite. Ensuite, des psychanalystes ont pu avoir des approches trop culpabilisantes. Et les parents s’impatientent. Car au pays de naissance du lacanisme, l’approche comportementale, très répandue dans les pays anglo-saxons, a eu bien du mal à se faire une place. Tellement attaquée dans son histoire, la psychanalyse a tendance à ne pas lâcher facilement un combat. »

En réalité, l’article cherche surtout à minimiser l’importance des recommandations : « Le rapport n’interdit pas les approches psychanalytiques. Il ne décide même pas d’une réaffectation de moyens. [...] Même s’il n’a pas force de coercition ou de loi, ce rapport ouvre un immense chantier »

Les citations d’Olivier Mason, directeur du CRA de Lille semblent montrer une position typique de psychiatre pro-psychanalyse :

  • Pas d’épidémie : « il n’y a pas d’épidémie. Mais vu qu’on dépiste plus et qu’on a élargi le terme, on en compte plus »,
  • Une part génétique et surtout une part environnementale, de façon à laisser la place à la psychanalyse : « Une part génétique importante l’explique. Mais il ne faut pas exclure la dimension environnementale »,
  • On se dit ouvert aux approches éducatives, tout en évitant de parler des méthodes comportementales ou du contenu réelle des méthodes éducatives concernées (par exemple leur vision assez étrange du PECS) : « bon nombre de psychiatres, même formés à la psychanalyse, sont ouverts et utilisent des approches éducatives »,
  • On accepte le besoin d’évaluer : « La psychanalyse va devoir apporter les preuves de son efficacité »

En clair, on n’a pas le choix que de tenir compte des données de la science, mais on prend soin en réalité de sauver l’existant.
Embrasser pour mieux éteindre, une stratégie classique.

Le lecteur ne connaissant pas l’autisme ne peut absolument pas comprendre les subtilités de ce discours en lisant la Voix du Nord.

 

 

admin On mars - 25 - 2012

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